Portrait de Fanny, fondatrice de la joaillerie éthique Les « 57 Facettes »

Portrait de Fanny, fondatrice de la joaillerie éthique Les « 57 Facettes »

Lors de mes recherches pour écrire l’article sur « les alliances éthiques pour homme« , je me suis rendu compte que peu de joailleries faisaient l’effort d’être original pour répondre aux attentes et aux gouts des hommes. Lors de ces recherches je suis tombée sur une alliance qui a attiré mon attention par son style différent tout en restant sobre et classe. C’est là que j’ai découvert la marque dont je vais vous parler dans cet article, car je n’ai pas juste découvert une belle alliance mais plein de belles créations sur-mesure réalisées par une femme qui souhaite défendre des valeurs éthiques et donner du sens à son travail. Cette marque c’est « 57 Facettes » et sa fondatrice Fanny détient dans ses mains l’ensemble des savoir-faire artisanaux pour réaliser un bijou de joaillerie.

Je vous laisse découvrir Fanny, ses magnifiques créations et son parcours qui l’a mené à fonder sa marque de joaillerie éthique les « 57 Facettes« .

Interview de Fanny

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je m’appelle Fanny, bijoutière joaillère, j’ai 33 ans et je suis entrepreneuse depuis 2016.

Dès mes 15 ans j’ai été attirée par les jolies choses, les jolis visuels, le toucher des matières, les couleurs. Je suis issue d’une famille d’agriculteurs donc tout ce qui touche à l’artisanal est très ancré en moi. Se diriger vers un travail manuel était tout naturel, j’avais juste peut-être envie de rendre ce travail plus féminin. J’ai donc postulé dans une école du centre de la France qui s’appelle « Jean Guéhenno » pour suivre une formation continue en bijouterie joaillerie. Quand je suis sortie de l’école j’avais à peine 18 ans et mon souhait était très vite de trouver du travail dans mon domaine pour acquérir de l’expérience. J’ai donc travaillé dans différents ateliers de joaillerie. Grâce à mes études j’ai pu suivre une formation très enrichissante en Italie de sertissage et cela m’a conforté dans mon idée de bouger, de voir différentes techniques, de découvrir différents univers. J’ai donc travaillé dans différents endroits de la France avant de créer 57 Facettes en 2016 à Bordeaux.

J’ai eu la chance de rencontrer différents joailliers, artistes passionnés par ce métier. Ces rencontres représentent une étape très importante car cela permet de se nourrir de ceux qui ont réussi à développer leur art et à en vivre.

Comment t’es venue l’idée de créer « 57 Facettes » ?

Dès le début de ma formation c’était mon idée, il me fallait juste trouver le bon moment. Ces années à travailler dans les ateliers étaient juste des étapes avant de me diriger vers l’entreprenariat. Je pense que lorsque l’on a une idée en tête on construit sa propre vie autour de cette idée qui nous anime. Je me suis retrouvée à avoir l’opportunité de me créer un petit espace qui dans le temps est devenu mon atelier où j’ai installé toutes mes machines et outils. Puis quand j’ai eu mon fils, j’ai trouvé que le moment était le bon pour lancer ma marque afin d’allier ma vie de famille et ma passion.

Comment décrirais-tu le style de « 57 Facettes » ? Pourquoi ce nom ?

Quand je me suis lancée j’avais envie de faire des choses très originales et contemporaines mais je dois aussi respecter les envies et les choix de mes clients. 57 Facettes s’est donc créé tout naturellement en fonction de ma personnalité, mon besoin de créer à huis clos dans mon l’atelier mais surtout mon besoin de proposer à 100 % mes conseils à mes clients, d’ailleurs tous mes rendez-vous se font à leur domicile.

Je décrirais donc mon style comme féminin, qui se traduit par les détails que l’on peut voir dans la collection de solitaires, de bracelets 18 carats et dans le choix de la couleur des pierres précieuses.

Pour plusieurs raisons, j’aime transformer l’or 18 carat c’est un matériau transformable à l’infini mais aussi travailler avec le diamant. 57 Facettes est d’ailleurs le nombre de facettes que possède la taille moderne d’un diamant.

L’idée de fabriquer un bijou, symbole d’un moment unique dans la vie d’une personne est très touchant pour le créateur. 

Quels sont les services que tu proposes à travers « 57 Facettes » ?

Au tout début j’ai fait un peu de sous-traitance mais je me suis rendu compte que ce n’était pas du tout pour moi et aujourd’hui je me dédie uniquement aux particuliers, aussi bien des hommes que des femmes souhaitant avoir un bijou sur-mesure, unique et original.

Je fais de la création, réparation et transformation de bijoux précieux, toujours fabriqués avec un or éthique et éco-responsable. Beaucoup de personnes viennent me voir pour recycler leur pierre précieuse ou leur or pour réaliser un nouveau bijou. Je travaille aussi beaucoup pour des événements tels que les mariages afin de réaliser les alliances.

De par mes anciennes expériences je sais le temps que cela prend de gérer un magasin, des stocks et mon objectif est de rester concentrée sur la créativité. Le reste de mon temps je le consacre à mes rendez-vous clients. Je me déplace généralement chez mes clients afin de pouvoir prendre tout le temps nécessaire pour comprendre leur histoire, leur besoin et d’apporter tous mes conseils, mais il m’arrive aussi de faire des rendez-vous par téléphone et d’échanger des croquis par mail.

57 Facettes c’est avant tout le choix de très belles matières au service de l’histoire des gens.

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Je suis quelqu’un qui aime beaucoup observer, par exemple quand je suis sur la plage j’aime regarder les effets du sable, le sillon. Je suis très influencée par ce que je vois et les effets naturels tels que les reliefs de la terre, les craquements, fissures, textures, écorces, empreintes… Cela touche et parle à tout le monde.
L’univers personnel de mes clients m’inspire aussi beaucoup ; leurs arts, leurs métiers leurs voyages.

Pourquoi avoir choisi de faire des bijoux éthiques ? Quelles sont les valeurs que tu défends ?

Je cherche vraiment à trouver un équilibre entre cet univers de la joaillerie, qui est ma passion, mais qui est aussi un univers de consommation. Il me tient donc à cœur de revendiquer un lien humain dans ce que je fais, que cela soit pour mes clients en recyclant et en réalisant un objet qu’ils porteront longtemps mais aussi un lien humain en faisant attention au respect des droits de l’homme pour les personnes qui travaillent dans les mines et au respect de l’environnement et de la terre que m’a famille m’a toujours appris à protéger.

J’ai vraiment envie de faire prendre conscience aux consommateurs de la vraie valeur des choses, car on a tendance à l’oublier très vite. Cet engagement résonne pour moi comme une évidence puisque j’ai été élevée dans un milieu familiale agricole.
Mon éducation, ma personnalité sont basés sur la valeur et la conscience des ressources de notre terre ainsi que l’humilité du travail de l’humain face à cette réalité. 

Et puis, j’ai de plus en plus de clients qui me demande de réaliser des bijoux avec de l’or éthique et éco-responsable. Quand j’explique à mes clients ce qu’est l’or Fairmined (article sur le sujet disponible sur le blog ici) les personnes ne voient plus seulement un prix mais ils achètent des valeurs. C’est pour cette raison que la plupart de mes rendez-vous sont à domicile car cela me permet de prendre le temps d’expliquer les choses, l’histoire et la provenance des matières premières. Il est important pour les clients de faire ce lien entre le parcours de l’or et des pierres et leur bijou finalisé.

Quand on va au bout de ces convictions c’est extrêmement libératoire car on attire ensuite autour de soi les gens qui partagent nos mêmes valeurs.

Qu’est ce qui a été le plus dur dans le processus de création de ta marque ? Et quel est ton plus gros challenge au quotidien ?

Le plus dur était au début d’avoir confiance en soi et de se dire que ce que je fais est suffisamment bien. L’entreprenariat c’est être en doute permanent surtout quand on est dans un domaine créatif et artistique. Il y a dans la joaillerie une concurrence forte donc il faut croire en soi et en son travail. Il faut au début une bonne grosse dose de passion qui nous aveugle un peu de toutes les contraintes, réglementations à respecter. Mais une fois que l’on traverse cela et avec de l’expérience on se dit pourquoi s’arrêter ?

Au quotidien, le plus dur est de sans cesse se réinventer, surtout en cette période de pandémie ou tout est fermé, ou annulé mariages, boutiques, salons… Il faut vraiment faire preuve de créativité pour continuer à rendre possible ce que l’on fait.

Quelle pierre aimes-tu particulièrement travailler ?

Le diamant m’amuse beaucoup. J’aime chercher à la loupe le moindre défaut pour lui donner une classification précise. On peut vraiment s’amuser avec le diamant entre les tailles, les couleurs, leur brillance.

J’aime aussi beaucoup sertir des pierres de couleur. La tourmaline offre des nuances de couleur très variées, on peut compter sur leur dureté sans faille. Les opales me fascinent aussi beaucoup.

Que penses-tu des diamants synthétiques ?

Aujourd’hui je ne travaille absolument pas avec des pierres de synthèse. La pierre de synthèse apporte une confusion alarmante dans le milieu de la joaillerie. Le marketing est bien fait autour du sujet mais dangereux. Car pour un bijoutier lambda il est impossible de détecter le vrai du faux. C’est pour cela que dans ce métier le maître mot est la CONFIANCE entre acheteur et vendeur. Heureusement que les certificats d’authenticité existent et que les laboratoires de gemmologie sont sérieux.

Les clients ne sont souvent pas au courant ou conscients de ce qu’ils achètent et je le vois déjà avec l’or car des clients viennent me voir en me disant qu’ils veulent recycler leurs bijoux en or pensant qu’ils en ont beaucoup mais en fait c’est souvent de l’or 9 carat donc peu exploitable. Il y a un vrai travail d’explication à faire aux consommateurs sur les diamants de synthèse.

Dans l’avenir, dans 20 à 25 ans, ces diamants seront peut-être une option pour créer de très belles pierres mais il faut s’assurer avant du réel gain écologique.

De quoi es-tu le plus fière aujourd’hui ?

Je suis fière que depuis bientôt 5 ans les gens me fassent confiance et qu’ils me confient des projets importants pour eux. Gagner la confiance de quelqu’un c’est tellement beau et précieux. Et je suis fière également de mon engagement pour L’or Fairmined depuis 2019.

Quels sont les projets que tu aimerais réaliser dans les prochaines années ?

L’alliance Fairmined organise souvent des voyages pour rencontrer les mineurs, se rendre compte sur place du travail réalisé. J’espère donc pouvoir l’année prochaine aller sur le terrain (Sri Lanka, Pérou ou Inde) pour prendre physiquement conscience des conditions de travail dans les mines d’or et faire la négociation des pierres précieuses.

J’ai également lancé une chaine Youtube sur laquelle j’explique des techniques de travail. Je parle également de l’univers de l’entreprenariat à travers de collaborations avec des artisans ou des prestataires de mariages avec lesquels je réalise des vidéos d’inspirations. je me rends compte que les clients aiment accéder à l’information, comprendre les étapes mais aussi savoir à qui ils ont à faire.

As-tu un message que tu souhaiterais passer ?

Prenez le temp de comparer ce qui est comparable, car le prix s’oublie mais la valeur et la qualité du bijou reste dans l’esprit et le temps. Il faut prendre conscience de ce qu’on achète et défendre les artisans qui sont autour de chez nous.

Un peu plus de 57 Facettes…

N’hésitez pas à découvrir les magnifiques créations des 57facettes sur son site officiel et à suivre la marque sur son compte Instagram pour être au courant de leur actualité.

Photos : 57 Facettes

Vous pouvez retrouver les autres portraits de personnes inspirantes sur le blog.

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