Portrait de Laure, fondatrice de la joaillerie éthique « Laure Desjonquères »

Comme vous le savez ma passion pour les pierres et la joaillerie m’emmène souvent à passer des heures à découvrir et regarder de nouvelles créations de joaillerie et cette fois-ci c’est grâce à mon ami Instagram que j’ai découvert la maison de joaillerie « Laure Desjonquères ». Un matin, en ouvrant l’application je vois sur mon fil d’actualité une photo d’une magnifique bague sertie d’un saphir Padparasha d’un rose doux avec des reflets couleur pêche sur une monture style art déco (Bague Claudel). Comment vous dire que cela m’a suffit pour m’abonner au compte.

Ma découverte fut d’autant plus intéressante en voyant les valeurs mises en avant par la maison. Elles correspondent en tout point à ce que je recherche aujourd’hui en joaillerie éthique. L’ensemble des créations de Laure Desjonquères sont des créations sur-mesure car Laure aime que chacun de ses bijoux puisse refléter les désirs et la personnalité de son propriétaire, le tout 100% made in France, en or recyclé et avec des pierres à la traçabilité garantie ! Cela donne naissance à des « bijoux uniques et intemporels, qui allient le charme de l’ancien au souffle et à la créativité du nouveau ».

Une jeune créatrice, du talent, des créations uniques, made in France et éthiques… tous les éléments étaient réunis pour prendre le temps de découvrir qui se cache derrière la maison de joaillerie « Laure Desjonquères »

Je vous laisse découvrir le portrait de Laure, son histoire et son parcours qui l’ont mené à fonder en 2019 sa marque de joaillerie éthique « Laure Desjonquères ».

Interview de Laure

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je suis Laure, j’ai 32 et je suis fascinée par la joaillerie depuis très longtemps. Je me rappelle à la sortie du lycée, j’ai parlé à mes parents de ma passion pour les pierres précieuses et ils m’ont conseillé de faire des études plus « académiques » dans un premier temps et de voir par la suite si je souhaite toujours me diriger dans cette voie. Je me suis donc lancée dans des études de droit, j’ai eu péniblement ma licence, puis j’ai fait de la Communication Politique. Cela ne me correspondait absolument pas !

A l’issue de mon master en communication politique je me suis dit que ce n’était plus possible et qu’il fallait que je fasse ce qui me faisait vibrer. A ce moment là, j’ai eu la chance d’avoir une amie qui travaillait dans le marché de l’art et qui m’a poussé à me diriger vers ma passion car j’en parlais depuis tellement d’années.

J’ai donc décidé d’envoyer mon CV à une femme qui travaillait dans une enseigne que j’avais repéré dans la rue. Par chance les éléments se sont alignés car de son coté sa collaboratrice, qui travaillait depuis 10 ans avec elle, partait. Elle avait donc besoin de quelqu’un très rapidement. Elle m’a embauché directement alors que j’étais encore en stage en communication politique. J’ai tout planté et je l’ai rejointe au « Louvre des antiquaires ». Elle avait un petit magasin et elle devait se déplacer très souvent à l’étranger donc je me suis retrouvé à prendre les choses en main très rapidement. Au début je n’y comprenais rien, et puis un jour j’ai décidé de faire le tour de tous les artisans pour comprendre comment cela fonctionnait. Je suis allée voir le fondeur, le lapidaire…. ils m’ont tout expliqué et j’ai trouvé ça fascinant.

J’ai passé cinq années très intéressantes avec elle, trois ans au sein du Louvre des antiquaires puis deux ans à l’accompagner alors qu’elle avait monté son propre business. Au bout de ces cinq ans, j’ai senti qu’il était temps pour moi de changer, j’avais fait un peu le tour. Je suis donc partie chez un négociant en pierres. Il avait lancé sa propre marque de bijoux qui avait du mal à décoller et il m’a embauché pour l’aider.

A cette même époque, j’ai commencé à avoir des personnes de mon entourage qui se mariaient et venaient me voir pour me demander des bijoux sur-mesure. J’ai donc commencé à en faire pour le compte de ce négociant mais malheureusement il souhaitait que je vende plutôt ses bijoux que mes créations.

C’est pour cette raison qu’au bout de deux ans à travailler pour lui, en 2019, j’ai décidé de me lancer à mon compte. Après 7 ans d’expérience j’ai senti que j’étais prête.

Comment t’es venue ta passion pour la joaillerie ?

La joaillerie me fascine depuis très jeune. Je me souviens alors que je regardais « Blanche neige et les sept nains », j’étais fascinée par les nains dans la mine. Et je me rappelle, ça me rendait folle quand je les voyais jeter des pierres qui étaient moins belles. Je disais « mais non, moi je les veux ces pierres » !

Je me rappelle aussi de ma marraine qui m’avait emmené chez un joaillier pour m’offrir une bague pour mes 18 ans. Il m’avait montré des topazes et il avait réussi à m’enchanter rien qu’en me présentant ces pierres d’un bleu vif. Cela a bien évolué depuis !

As-tu suivi une formation particulière ?

En parallèle de mon travail au « Louvre des antiquaires » j’ai suivi une formation en gemmologie à l’ING mais j’ai surtout appris avec l’expérience. Grâce à ces années passées au contact des artisans j’ai pu constituer mon carnet d’adresse.

Comment décrirais-tu le style « Laure Desjonquères » ?

Je ne saurais pas décrire mon style, il y a beaucoup de choses qui me plaisent. Quand une cliente vient me voir je vais souvent la conseiller et la diriger vers quelque chose que j’aime tout en prenant en compte sa demande. En tout cas, une caractéristique récurrente dans mes créations c’est que j’aime le travail du métal.

Quel est ton processus de création ?

Laure Desjonquères

C’est à chaque fois très différent, par exemple pour la bague Sand, une cliente est venue avec une vieille broche de famille et elle m’a dit de prendre les pierres qui me plaisaient le plus pour créer une bague pour sa belle fille. Sa belle fille, elle, voulait plutôt une grosse bague alors que les pierres n’étaient pas très grandes, j’ai donc dû composer et créer une bague assez large.

Ensuite, il peut y avoir des clientes qui me disent qu’elles aiment une de mes créations en particulier et je vais créer autour de cette idée pour tenter de ne jamais répliquer une bague à l’identique.

Quelles sont les valeurs que tu souhaites défendre ?

Mes créations sont des créations sur-mesure, je n’ai pas de stock. Les gens apprécient d’avoir une création unique mais aussi de suivre tout le processus de fabrication étape par étape. J’envoie souvent des photos du bijou pendant qu’il est fabriqué dans l’atelier. Les gens aiment voir quand c’est fait à la main. Cela apporte une autre dimension quand la cliente reçoit la bague.

Je choisis également de toujours recycler l’or pour mes créations. Je propose en général aux clients de m’apporter leur or afin de diminuer le prix de leur bijou, sinon j’achète l’or en salle des ventes afin de ne pas participer au processus d’extraction de l’or.

Et pour les pierres soit je les récupère aussi sur les bijoux que l’on m’apporte (pierres de centre principalement) soit je choisis des pierres à la traçabilité garantie.

Pourquoi choisir de faire de la joaillerie éthique ?

Je me souviens quand j’ai annoncé à mes frères que je me lançais dans la joaillerie, ils m’ont dit « tu n’as pas honte, tu connais les histoires de Blood diamant ? ». On est dans une époque où on est sensibilisé à l’écologie, au circuit court, ça me paraissait donc normal de choisir ces valeurs là.

En plus le circuit court c’est vraiment ce qu’il y a de plus pratique, tu as les artisans à coté de toi s’il y a le moindre problème. Grâce à ce circuit court, il m’est arrivé de réaliser une bague en une semaine. Cette proximité me permet aussi de choisir des artisans selon leur compétence comme par exemple un artisan qui est spécialisé pour sertir les émeraudes ou dans les pierres de centre. C’est du vrai sur-mesure !

Que penses-tu des diamants synthétiques ?

Ce n’est que mon avis personnel, mais je trouve que ça casse un peu la magie du bijou. Ça enlève ce sentiment d’avoir une pierre qui existe depuis des millions d’années. Pour l’instant j’ai très peu de clients qui me demandent des diamants de synthèse donc je me suis positionnée que sur des pierres naturelles (processus Kimberley pour les diamants et traçabilité garantie pour les pierres de couleur).

Je trouve la démarche très intéressante d’un point de vue éthique, cependant je trouve que mine de rien ça coûte très cher un diamant synthétique et mettre une telle somme pour une pierre qui ne peut pas se revaloriser à un tel prix après sur le marché c’est compliqué.

As-tu des personnes ou œuvres qui t’inspirent ?

J’aime beaucoup l’art déco, mais j’aime surtout quelques éléments de l’art déco comme les formes géométriques serties de diamants, mais aussi le mélange de formes de pierres (des pierres rondes avec des navettes…). Je suis également inspirée par le début des années 20 et le travail du métal.

Est ce que tu as une pierre que tu aimes tout particulièrement travailler ?

Mon ancien parton négociant en pierres était passionné de spinelles et il m’a fait découvrir cette pierre. Elle a beaucoup de nuances de couleurs et elle a énormément d’éclat. J’aime la voir sur des créations en revanche j’ai toujours un peu peur de la donner aux ateliers car c’est une pierre très tendre qui peut être griffée lors du sertissage.

Depuis le lancement de ta marque, quel a été ton plus gros challenge ?

Je n’ai pas rencontré de problèmes pour faire ma place dans ce milieu de la joaillerie, j’aime passer du temps avec le maquettiste, les artisans… Je m’entends très bien avec eux. Aujourd’hui c’est un milieu très ouvert, ce qui n’était peut-être pas le cas il y a 10 ou 15 ans.

Mon plus gros challenge c’est d’être organisée administrativement ! Ce qui me passionne le plus c’est d’être au contact du client, de faire de nouvelles créations en revanche je n’ai jamais le temps de les photographier, de travailler la communication et l’image de la marque, d’animer les réseaux sociaux.

Un an après le lancement de « Laure Desjonquères », de quoi es-tu le plus fière ?

D’avoir atteint les objectifs que je m’étais fixés, je les ai même dépassés. Et surtout, j’adore sortir de nouvelles créations qui plaisent. Au début, je n’étais pas trop sur Instagram et puis avec le 1er confinement je m’y suis mise et j’ai découvert que c’était un outil très puissant pour se faire connaitre et pour avoir des retours sur mes créations.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ? As tu des projets ?

Comme je suis à mon compte, je travaille depuis chez moi et ce n’est pas toujours facile de se motiver ou de s’organiser. Je me dis donc qu’avoir ne serait ce qu’un bureau partagé pour croiser des personnes, prendre un café de temps en temps, se motiver mutuellement ça serait bien.

Et j’aimerai aussi beaucoup prendre le temps de créer une collection de bagues.

As-tu un message que tu souhaiterais passer ?

Il faut s’écouter et oser ! Quand on souhaite entreprendre on a toujours l’impression qu’il y a beaucoup de concurrence ou d’autres personnes qui font déjà la même chose, mais il y a de la place et du travail pour tout le monde. Il faut juste croire en soi, se donner les moyens pour y arriver, travailler sans compter ses heures et ne pas avoir peur de l’échec.

Un peu plus de Laure Desjonqueres…

N’hésitez pas à découvrir les créations de Laure Desjonquères sur son site officiel et à suivre la marque sur son compte instragram pour être au courant de son actualité.

Vous pouvez retrouver les autres portraits de personnes inspirantes sur le blog.

Photos : Laure Desjonquères

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