Portrait d’Alison, fondatrice de la marque de lingerie éthique « ATELIER 1904 »

Vous connaissez mon goût pour les belles matières, le sur-mesure, le fait main et le savoir-faire français, tout cela conçu dans une démarche éthique… car oui une consommation raisonnée ne signifie pas dire au revoir au style ! Et bien la marque dont je vais vous parler dans cet article regroupe toutes ces qualités.

Quand on se dirige vers une démarche de consommation plus responsable et saine, cela passe bien-sur par ce que l’on mange, les cosmétiques que nous mettons sur notre peau mais aussi, et c’est peut-être le plus difficile à trouver à ce jour, les vêtements et sous-vêtements que nous portons. C’est au cours de mes nombreuses recherches pour trouver des sous-vêtements éthiques que j’ai découvert la marque de lingerie « Atelier 1904 ».

Atelier 1904 fabrique des pièces de lingerie sur-mesure, faites à la main et souvent uniques en réutilisant d’anciens tissus (dentelles chinées et de napperons d’époque…) pour leur offrir une seconde vie.

Derrière cette marque se cache Alison, jeune femme plein de talent, qui prône le savoir-faire artisanal et le gout de la perfection avec une identité éco-responsable et un engagement éthique fort.

Je vous laisse découvrir le portrait de cette super entrepreneuse et créatrice.

Interview d’Alison

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ? 

Je suis Alison, originaire de Bretagne et je suis une ancienne couturière de chez Chanel.

Plus jeune j’ai rapidement eu des prédispositions pour le dessin, le dessin de mode puis la couture ce qui m’a amené à faire des études de mode à Paris. Au cours de ces études, je suis rentrée en apprentissage chez Chanel où je suis restée par la suite six ans en tant que couturière.

J’ai également fait des passages chez Courrèges, Maison Schiaparelli et Dior dans les ateliers haute couture.

Pourquoi le choix de la lingerie ?

Il y a quelques années, j’avais déjà créé une marque de prêt-à-porter mais cela était trop onéreux à maintenir et à faire en termes de coûts de matière et de fabrication. Malgré cela j’ai toujours gardé cette envie de créer ma propre marque et mon entreprise.

Un jour une collègue de chez Chanel m’a offert un livre de couture sur comment coudre sa lingerie soi-même. J’ai essayé dans un premier temps pour m’amuser et j’ai tellement aimé que je me suis dit « pourquoi pas choisir la lingerie ».

Comment t’es venu l’idée de ce concept de lingerie haut de gamme à partir d’étoffes revalorisées ?

Un jour, j’ai eu un flash en regardant des napperons de grands-mères sur « le bon coin » que je trouvais magnifiques. Je me suis dit qu’il fallait en faire quelque chose et que ça serait tellement beau d’en faire des vêtements. C’est de là qu’est venu l’idée de faire de la lingerie à partir de napperons anciens.

De plus, je voue une vraie passion par les années 1900 et je suis très influencée par la belle époque. C’est de la rencontre entre ma passion, mon envie et mon imagination qu’est né le concept de l’Atelier 1904.

Quelles sont les valeurs que tu défends ?

Je souhaite que ma marque soit « propre et éthique ». Au cours de mon expérience dans le monde du luxe, j’ai découvert certaines pratiques/tendances auxquelles je n’adhérais pas comme par exemple les podiums, les mannequins rachitiques, de nouvelles collections tous les 3 mois. Ce n’est clairement pas la mode que j’aime et que je conçois. Je préfère faire quelque chose d’artisanal plutôt que « mode ». Je fais vraiment attention à ne pas regarder ce que font les autres, car je ne veux pas faire comme tout le monde. Je veux montrer aux gens qu’on peut faire de belles choses sans forcément sur-consommer, sur-proposer, être tout le temps dans le « trop » au lieu de se poser, prendre le temps de fabriquer une lingerie qui ne va pas abîmer la planète ni la peau des femmes qui la portent.

Comment sélectionnes-tu tes matières premières ? Quels sont tes critères ?

J’ai vraiment l’impression d’être comme un chef cuisinier qui va faire son marché. Je fais beaucoup de brocantes donc dès que je tombe sur de belles dentelles alors là je me lâche et je peux tout acheter. Je regarde également sur « le bon coin » où je fais mon petit marché car il y a beaucoup de personnes qui doivent liquider leurs stocks ou bien qui sont en lien avec les usines à Calais et qui vendent des anciennes dentelles. J’arrive donc à trouver de très belles dentelles au lieu de tout acheter à neuf ou de refaire fabriquer. Ces tissus de seconde main représentent à peu près 70% de mes créations.

As-tu suivi des formations particulières pour te lancer dans la confection de lingerie ?

Je n’ai pas suivi de formation particulière dans le domaine de la confection de lingerie par contre j’ai travaillé 6 ans dans les ateliers de chez Chanel. C’était du prêt-à-porter mais c’est le haut niveau de la couture en France où tu as la chance d’apprendre quasiment l’ensemble des techniques de coutures. Ces techniques sont ensuite applicables et adaptables à la lingerie. Je peux tout à fait, aujourd’hui, aussi bien faire une veste de tailleur pour homme qu’une lingerie en soie pour femme.

Quel a été ton plus gros challenge ?

Mon plus gros challenge je le vis actuellement, c’est à dire faire que ma marque vive, qu’elle soit rentable. Mais surtout, je dirais, de faire de mon entreprise quelque chose qui me ressemble, ne pas commencer à se perdre en voulant copier d’autres personnes ou de grands noms en pensant que cela va mieux marcher car nous n’avons pas la même cible et nous n’avons pas les mêmes budgets.

Qu’est-ce-qui te passionne le plus dans ton travail ?

C’est le fait de toucher à tout, je m’occupe du site internet, je fais des blogs, je démarche, je ne m’ennuie pas une seconde. Mais surtout mon travail est avant tout ma passion donc je n’ai pas vraiment l’impression de « travailler ».

Qu’est ce que les clients recherchent le plus en s’adressant à l’Atelier 1904 ?

Il y a des hommes qui veulent offrir une belle lingerie à leur femme et des femmes qui veulent avoir une belle parure. Elles savent que la marque fait du sur-mesure et c’est ce qu’elles recherchent car il est vraiment difficile de trouver de la lingerie adaptée à sa morphologie. Elles viennent chercher un service haut de gamme, un design que l’on ne trouve pas ailleurs. Une lingerie ni trop vulgaire ni trop décontracte.

Je réalise des lingeries confortables et raffinées et qui font du bien !

As-tu senti à ton niveau une évolution  de la consommation des gens vers de l’éco-responsable suite au confinement ?

Le confinement n’a rien changé au niveau de la consommation. J’ai même plutôt observé une baisse du trafic sur le site. Je pense que la situation a beaucoup stressé les gens. Ils n’avaient pas du tout la tête à dépenser ou à acheter de la lingerie.

As-tu des personnes/œuvres qui t’inspirent et te motivent  ?

Oui principalement des youtubeurs et businessman comme par exemple l’investisseur « Theophile Eliet » qui m’a vraiment donné le gout d’entreprendre. Il vient de la classe moyenne, il n’a pas eu accès aux meilleures écoles, il n’avait pas d’argent en poche et aujourd’hui il vit une vraie réussite en partant de rien. C’est très inspirant pour la jeune génération de savoir que si on sait ce qu’on veut faire, avec de la motivation et du travail, tout est possible. Il m’a vraiment donné envie d’entreprendre.

Deux ans après la création de ta marque, de quoi es-tu le plus fière ? 

Je suis fière de ce que j’ai déjà réalisé car je ne m’en pensais pas forcément capable, du moins pas plus qu’une autre, comme tout le monde j’ai des doutes. C’est difficile de quitter un CDI, la sécurité, revenir dans la maison familiale pour repartir un peu de zéro. On se dit souvent « j’espère que je n’ai pas fait une bêtise ». Je suis également fière d’avoir tenu bon et d’avoir prouvé aux autres que j’en étais capable. Aujourd’hui je ne regrette absolument pas mon choix, je suis donc fière tout simplement d’avoir pris cette décision de me lancer !

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

On peut me souhaiter une explosion du trafic sur le site, que cela fonctionne et que les gens connaissent atelier 1904.

Quels sont les projets à venir ?

Continuer à développer la marque, à travailler sur le site internet qui est pour moi le meilleur moyen pour faire que la marque soit rentable. Je fais du made in France et il faut savoir que cela coûte cher donc je ne peux pas être dans une boutique multi-marques qui va me prendre une commission de 50%. C’est pour cette raison que je développe à fond le site internet afin d’avoir une belle vitrine et que le chemin soit le plus direct possible entre le client et les ateliers. C’est d’ailleurs à mon avis l’avenir du commerce et de l’entreprise, il va falloir enlever les étapes et les intermédiaires entre le consommateur et le créateur du produit (artisan, agriculteur, producteur…) car plus il y a des intermédiaires moins on est indépendant.

As-tu un message que tu souhaiterais passer ?

Vous pouvez faire les choses à votre manière. J’ai ma propre conception de la lingerie, de la mode, je propose aux clientes ma vision des choses et pas forcément ce qui marche ou ce qui est commercial. Quand c’est fait avec le cœur et avec gout les gens finissent toujours par suivre. J’essaie vraiment de faire des choses belles dans tous les sens du terme. Après c’est au consommateur de faire ses propres choix de consommation.

Un peu plus de Atelier 1904…

N’hésitez pas à découvrir la marque Atelier 1904 sur son site officiel et à suivre la marque sur son compte Instagram pour être au courant de son actualité.

Vous pouvez retrouver les autres portraits de personnes inspirantes ici sur le blog.

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